|
L’histogramme de répartition des âges de la banque de données
par catégorie est représenté dans la Figure 1.
L’intervalle choisi est de 10 Ma. On s’aperçoit que l’ensemble des données est
très étalé, allant de 340 Ma à 2340 Ma, toutes catégories confondues. Trois pics
majeurs dans les âges s’individualisent. Il s’agit des périodes 580-590 Ma,
630-640 Ma et 720-730 Ma. On s’aperçoit en fait, que ce fort étalement est
principalement lié à la catégorie 3 qui contient les âges considérés comme non
fiables. Les âges de la catégorie 1 (Figure 2) se
restreignent à la période 560-850 Ma, avec un pic à 620-630 Ma. Pour la
catégorie 2 (Figure 3) l’étalement est plus important
mais toujours avec un pic à 620-630 Ma. C’est la catégorie 3, contenant le plus
grand nombre de données qui est la plus étalée avec les trois pics principaux
précédemment décrits (Figure 4) . Les données non
évaluées des catégories 4 et 5 (Figure 5 et
6) sont peu étalées puisqu’elles se répartissent entre 520 et 850 Ma. On
remarque que tous les âges supérieurs à 900 Ma (sauf un) appartiennent à la
catégorie 3, de même que la majorité des âges inférieurs à 550 Ma. Pour les âges
anciens Protérozoïque inférieur, l’information utilisable provenant de la
catégorie 3 est qu’il peut exister, apparemment assez localement un héritage de
socle ancien (Protérozoïque inférieur, et peut-être archéen) mis en évidence
essentiellement par des zircons détritiques. De même, les âges les plus récents
sont fréquemment obtenus en âge modèle Rb-Sr sur roche ou minéral. Ils indiquent
soit un refroidissement soit une remobilisation (partielle) plus récente liée à
des perturbations tectono-métamorphique (ouverture Mer Rouge ? ) ou simplement
liée à une altération de la roche ou du minéral.
La Figure 7 est un agrandissement
de la période majeure située entre 480 et 850 Ma montrant bien
l’individualisation en nombre de données des trois pics à 580-590, 630-640 et
720-730 Ma
Les Figures 8 et
9 correspondent à la répartition des catégories 1 et 2 à la même période. On
remarque pour la catégorie 1 deux pics à 570-590 Ma et 620-630 Ma (Figure
8), pics également présents pour la catégorie 2 (Figure
9). Le regroupement de ces deux catégories (1 et 2) d’âges considérés comme
utilisables accentue ces deux pics et les précise à 580-590Ma et 620-630Ma (Figure
10).
La Figure 11 correspond au même
zoom sur les données de la catégorie 3. Si l’on reporte dans un histogramme les
âges modèles Rb-Sr (Figure 12) on s’aperçoit qu’ils
définissent un pic majeur pour la période 580-590 Ma, et que bien que non
considérés comme âges analytiquement corrects, ils mimétisent l’information
donnée par les âges retenus comme significatifs (catégorie 1 et 2). Il en est de
même pour le pic défini par la catégorie 3 (Figure 11)
pour la période 630-640 Ma, en correspondance avec le pic à 620-630 Ma défini
par les catégories 1 et 2 (Figure 10). Ceci peut
également s’expliquer par le fait que la catégorie 3 contient un nombre de
données assez important qui correspond à des doublons, pour lesquels seule la
meilleure présentation des données est conservée en catégorie 1 ou 2. Il y a en
effet plusieurs âges qui correspondent à la même analyse du même échantillon
mais cités plusieurs fois dans différentes publications ou calculés différemment
ce qui entraîne des petites différences. Seule la meilleure donnée est gardée.
La différence majeure entre les catégories 1 et 2, et la
catégorie 3 est représentée par le pic à 720-730 Ma que l’on ne retrouve pas
parmi les données utilisables. Ce pic correspond essentiellement à des données
Rb-Sr qui fournissent soit des erreurchrones (MSWD très élevé) soit
correspondent à des prélèvements d’échantillons très éloignés, et pour lesquels
le cogénétisme n’est pas prouvé. Les erreurs sur ces âges sont souvent très
importantes et éliminent toute possibilité d’utilisation géochronologique.
Conclusion
Les observations suivantes peuvent être faites concernant
l'évaluation de cette banque de données.
A partir des 508 âges initialement présents (répétitions
comprises) :
97 sont considérés comme très fiables.
52 sont considérés comme moyennement fiables.
308 sont considérés comme peu utilisables.
28 n'ont pu être évalués, les données
analytiques n'étant pas présentes dans les publications mentionnées.
19 n'ont pu être évalués, les documents
n'ayant pu être consultés.
4 ont été éliminés car il s'agit de données K-Ar.
L’évaluation par catégorie de fiabilité des âges contenus
dans la banque de données de Johnson et al. (1997) concernant l’Arabie Saoudite,
a permis de restreindre la gamme de répartition en âge de ces données. En effet,
la totalité des données se répartit sur une tranche d’âge entre 340 et 2350 Ma.
Après évaluation, cette gamme est largement restreinte puisque les données des
catégories 1 et 2 se situent en majorité (deux exceptions) entre 550 et 850 Ma
et donc se limitent au Protérozoïque supérieur. Deux pics en terme de nombre de
données géochronologiques se dégagent, à 620-630 Ma et à 580-590 Ma. Afin de
mettre en relation ces pics et une phase de granitisation et de tectonisme
majeure, il faut connaître la représentativité de ces âges par rapport à leur
représentativité sur le terrain, et à la connaissance de l’histoire
tectonométamorphique du bouclier arabo-nubien. Quoi qu’il en soit, à partir de
cette banque de données, il est démontré qu’il n’y a pas de magmatisme
clairement identifié à l’heure actuelle d’âge Protérozoïque inférieur ou Archéen
en Arabie Saoudite. Les âges anciens traduisent simplement une certaine part de
recyclage de socle ancien.
|