Objectifs de l'étude des paléosurfaces

Les études réalisées sur les régions aurifères en contexte de socle altéré ont montré que les profils d'altération de type latéritique (saprolite + cuirasse) présentent généralement des concentrations en or supérieures à celle de la roche mère ; ce phénomène résulte d'un lessivage différentiel des éléments chimiques présents dans la roche initiale. L'épaisseur concernée par ces remobilisations supergènes est comprise entre 30 m et une centaine de mètres. La connaissance des zones où ces roches altérées sont susceptibles d'être préservées est donc importante dans la stratégie d'exploration pour or, car elle permet de hiérarchiser les indices connus.

Les profils d'altération de type latéritique se sont développés per descensum à partir d'anciennes surfaces d'aplanissement (paléosurfaces) sous des conditions climatiques de type tropical humide.

La géométrie (altitude) de ces paléosurfaces peut être reconstituée à l'échelle régionale à partir de l'analyse de la topographie (Digital Elevation Model). Cette modélisation permet d'obtenir une image raster de l'altitude des paléosurfaces.

Un contrôle de terrain permet d'estimer l'épaisseur moyenne du profil d'altération attaché à chaque paléosurface ainsi reconstituée, en tenant compte des déformations tectoniques (failles, basculements) postérieures à l'élaboration des paléosurfaces.

En soustrayant l'épaisseur d'altération de l'altitude des paléosurfaces, on peut calculer une carte de l'altitude moyenne du mur des altérites. Par différence avec la topographie actuelle (DEM), on peut ainsi obtenir une carte des zones où les altérites sont potentiellement préservées en partie ou en totalité.

Cette carte permettra de hiérarchiser les zones d'études en fonction de la probabilité d'avoir des reconcentrations supergènes en or.

Elle permettra également, par croisement avec le DEM, de rechercher d'éventuels placers aurifères en aval des zones où les altérites auront été décapées par l'érosion.